Sucre (prise 3) et Potosí mardi, Avr 8 2008 

Du 14 au 17 février dernier j’ai eu à voyager à Sucre. La raison de ce voyage était simple : on me demandait. En fait, si vous vous rappelez (voir la section « Histoire de boulot » pour vous rafraîchir la mémoire dans le cas contraire) je suis ici aussi pour appuyer la centrale agricole de Chuquisaca, AGROCENTRAL, à l’aide d’études de marché (2 plus exactement) pour certaines productions qu’ils ont là-bas (viande de poulet et porc pour préciser encore). À cet effet, il y a quelques mois ces 2 productions étaient à ses débuts et par le fait même il existait peu d’information pour m’appuyer dans mon travail d’études de marché. Par contre, la situation ayant changé entre temps, on voulait absolument me rencontrer afin de m’expliquer comment allait le tout et voir ce que j’aurais besoin pour faire un meilleur travail. En plus à la dernière minute lors de ce voyage, mon patron m’a demandé de préparer une formation de 1,5 jours sur les thèmes « pratiques de gestion démocratique et bonne gouvernance dans les coopératives » dans le cadre d’un programme de formation continu pour les membres d’AGROCENTRAL. Aussi, j’y ai participé comme formateur. Ce fut une expérience très enrichissante car je n’avais jamais fait de formation sur ce thème et encore moins dans un contexte hispanophone avec les gens de la base que mon travail vise à aider mais que je ne rencontre jamais. Bref, je le redis, une belle expérience et en plus les gens m’ont apprécié.

De plus, j’ai profité de ce voyage pour passer la fin de semaine à Sucre et voyager à Potosí à 2,5 heures de la capitale. En fait mon plan de départ était de visiter Potosí le samedi et ses mines (c’est la principale activité là-bas) et profiter du dimanche à Sucre (l’une de mes dernières opportunités d’être là) pour voir un musée très connu, la Casa de Libertad, et aller dans un marché traditionnel dans un village près de Sucre. Mais bon, grâce à une salade que mon estomac n’a pas acceptée, tous mes plans du dimanche furent bousiller ce qui fait que j’espère pouvoir retourner là-bas pour terminer de voir ce qui m’intéresse. Mais revenons-en à Potosí. Cette ville, lors de la colonie espagnole, a été pendant un certain temps la ville la plus peuplée de toute la planète. De plus, on dit que les Espagnols auraient extrait assez d’argent de la montagne à côté de cette ville pour construire un pont d’argent jusqu’en Europe. Bref, il s’agit d’une ville minière et de la ville la plus en haute altitude au monde (4200 m). C’est une ville au style coloniale très présent mais qui depuis plusieurs années souffre du déclin de l’industrie minière. Donc, je suis allé là-bas retrouvé 2 amis coopérant pour le CECI (Centre d’éducation en coopération internationale) afin de faire le tour d’une coopérative minière et visiter la Casa de Moneda, la première maison à frapper la monnaie en Bolivie et qui est vraiment impressionnant. En fait, quand je dis tour on pourrait penser à un tour touristique mais cette visite d’une mine, artisanale mentionnons-le, est plus une expérience culturelle très difficile qu’une activité touristique dès plus joyeuse. En rien, je ne retournerais dans cette mine car les conditions qu’on y voit n’ont presque pas changé depuis les temps coloniaux et nous réalisons à quel point la vie des mineurs est difficile. Ainsi, par respect pour ces gens qui n’ont rien comparé à nous, je n’irais pas rejouer les touristes dans leur réalité. Donc, ce n’est parce que je ne peux situer cette réalité difficile que je dis cela mais bien par respect. Car je suis content de voir les conditions extrêmes de membres de coopératives que nous essayons de supporter. Je dis essayer car en ce moment nous ne travaillons pas directement avec le domaine coopératif minier mais des projets sont en discussion.

Bref, ce voyage aura combiné travail et tourisme mais en lien direct avec le monde coopératif. Ce fut très enrichissant et restera probablement marquer comme un des plus beaux moments professionnels et personnels de mon séjour en Bolivie.

Vous trouverez les photos ici : http://www.facebook.com/album.php?aid=47233&l=722ba&id=752741286.

Publicités

Le marché Rodriguez lundi, Nov 26 2007 

Je ne vous ai jamais encore parlé du marché Rodriguez et des marchés de La Paz. Mais avant d’aborder le vif du sujet, un petit retour en arrière s’impose afin de comprendre mes présents sentiments. Depuis juin 2006 j’habitue dans le quartier de la petite Italie et, plus précisément, à 1 min. à pied du marché Jean-Talon, le plus grand marché publique de Montréal. Vous comprendrez donc que depuis 1 an je me réjouis de cette proximité, de cette nouvelle façon de faire les courses et de la fraîcheur des produits auquel j’ai droit.

Cette précision faite, revenons à nos moutons, soit les marchés de La Paz. Bien que je sois bien loin d’habiter aussi près du marché, La Paz regorge d’une quantité innombrable de marchés : Lui Salmon, pour tout ce qui touche à l’électronique; Las Brujas, pour toutes les offrandes a la Pachamama ou aux Apus (esprit des montagnes); Uyustus pour les vêtements et toutes les marchandises pour la maison; 16 de Julio à El Alto où l’on retrouve de tout, des bobettes usagés aux pièces détachées de voiture; Sagarnaga pour tous les trucs de touristes; sans compter les nombreux marchés de quartier. Le marché Rodriguez dans tout ça est le plus grand marché de nourriture de tout La Paz et qui dispose, à mes yeux, des meilleurs fruits et légumes de la ville. Bien qu’on y retrouve des étales à longueur de semaine, le meilleur moment pour y faire ses courses est la fin de semaine tôt en matinée (la marchandise y est plus fraîche et les vendeurs ont davantage de change!). De puis sa découverte je me fais donc un plaisir quasi-religieux d’y aller faire mes achats le samedi matin (le dimanche étant réservé à la montagne!). De plus, je me régale de tous ces nouveaux fruits et légumes que je ne connais pas mais que les vendeurs se font un plaisir de me faire goûter. L’ambiance y est dès plus… marchande! Vendeurs annonçant leurs marchandises, les cholitas criant « Que va a llevar joven » ce qui veut dire « Qu’as-tu besoin jeune homme », des vendeurs ambulants vendant des sacs de plastiques aux marchands qui ne bougent pas de leurs étalages. Une ambiance hebdomadaire de foire médiévale!

Salteñas, Tucumanas, Empanadas et autres plaisirs culinaires mardi, Nov 13 2007 

Salteñas, Tucumanas, Empanadas sont tous de petits plaisirs culinaire que je m’offre quasi quotidiennement étant donné que je ne pourrai pas en retrouver à mon retour au Québec et que je ne sais pas comment en faire (et je crois que même si je le savais, c’est tellement de travail que je serais trop paresseux pour m’y mettre). Mais qu’est-ce que tout ceci? Pour vous donner une idée très générale, il s’agit de petit pain à la pâte frite fourrée aux divers ingrédients tel que viande, poulet, œuf dur, épices et autres. Bref, délicieux!

Autres petits plaisir culinaires qui me plaisent bien ici ce sont les grillades de toutes sortes que l’on retrouve à la sortie des bars (mon préféré étant le Vacio, de l’agneau marinée grillée) et surtout les steak des steak house qui fondent dans la bouche et coûte un petit pain comparé au Québec.

Des expéditions qui ne se réalisent pas lundi, Nov 12 2007 

Depuis plusieurs semaines nous essayons d’organiser une expédition de 2 à 3 jours pour grimper une montagne de pus de 6000 m. Nous avions dans la mire principalement le Huayna Potosí (6088 m) et le volcan Sajama (6532 m, soit le plus haut sommet de la Bolivie). Par contre, malgré tout le temps d’avance que nous nous étions donné, les nombreuses discussions téléphoniques et rencontres afin de voir les différents détails (besoin d’équipement, recherche de transport, nourriture, etc.), toutes nos tentatives ont échoué. Parfois pour de bonnes raisons (conditions climatiques trop hasardeuses ou carrément dangereuses) mais plus souvent parce qu’ici tout branle un peu dans le manche et c’est normal. Bref, les prochaines fois moi et un ami Acadien nous sommes dits que nous prendrions les choses en main car sinon on pataugerait dans l’incertitude et comme nous ne somme ici que pour un certain temps, nous ne pouvons nous offrir ce luxe de perdre notre temps!

Bouteilles non consignées et autre mauvaise nouvelle pour la Pachamama vendredi, Nov 9 2007 

C’est plate mais les 2 sortes de bière que j’aime le plus ne sont pas consignée (les bouteilles). En fait, seulement quelques sortes de bières en grand format (à La Paz ce sont Huari, Paceña et Bock, à Sucre les Sureña, etc.) le sont dans toute la Bolivie. Donc, tout ce qui est petit format et cannette ne le sont pas en plus des grands formats des bières moins populaires comme la Auténtica que j’adore (en fait, comme j’ai trouvé UN endroit pour faire du recyclage et du tri sélectif c’est pas si pire mais comme je ne fais aucunement confiance au système de recyclage bolivien j’aurais préféré un système de consigne qui fonctionne). Encore un autre mal environnemental à prendre en patience jusqu’à mon retour. Je dis un autre car j’ai appris dernièrement que toutes les piles du pays vont directement à la décharge malgré que ce soit EXTRÊMEMENT toxique et que plus de 90% des métaux dans les piles se recyclent. Donc, par extrémisme environnemental, je ramènerai quelques déchets dans mes valises en mars prochain afin de déposer ces quelques piles à mon Éco-quartier!

Red Champagne et Chaqueos jeudi, Oct 4 2007 

Pour tous ceux qui viennent du Saguenay-Lac-Saint-Jean ou qui connaissent suffisamment cette région pour savoir de quoi je parle : j’ai trouvé l’équivalent du Red Champagne en Bolivie!!! Impossible à trouver en dehors du SagLac, en Bolivie j’en trouve. C’est la marque de boisson gazeuse Simba à saveur de Guarana. Bref, avec le Fanta et le Fresco je viens de trouver ma boisson gazeuse préféré!

 

Sinon, parlons de choses plus sérieuses, les chaqueos. Qu’est-ce que les chaqueos? Lonely Planet nous donne cette définition : « l’abattage et la mise à feu de la forêt tropicale pour la convertir en terre de labour et de pâturage, une pratique vieille de plusieurs siècles ». À noter qu’après un tel traitement, la matière végétale calcinée fournie des nutriments à la terre pour une période de 2 à 3 ans mais comme ces éléments nutritifs ne se renouvellent pas, il faut ensuite 15 ans pour que la terre redevienne productive. Donc en septembre de chaque année, le ciel se couvre d’un beau rideau de fumée, nous ne voyons plus l’Illimani depuis La Paz et tous ceux qui ont des problèmes respiratoires jurent au calvaire. La Banque Mondiale estime que c’est 200 000 hectares de forêt qui disparaissent ainsi chaque année. Les régions les plus fortement touchées par ce phénomène sont Béni, Pando et Santa Cruz, soit les 3 départements où se retrouvent la majorité de la forêt tropicale. Bien que les lois interdisent cette pratique, la législation est difficilement applicable vu l’étendue des zones touchées. Bref, une pratique ancestrale amplifiée par les mouvements de population aux conséquences environnementales désastreuses.

Changement de programme et rendez-vous à la Bolivienne mardi, Oct 2 2007 

Vendredi dernier avec un ami belge (Antoine), nous décidons d’aller voir des films mexicains gratuits présentés dans le cadre d’une programmation spéciale au cinéma municipale. Durant la semaine, Antoine y était allé à 2 reprises et avait adoré malgré le fait que très peu de personne en profitait (lors d’une présentation, ils étaient 3 dans la salle!). Donc, nous nous dirigeons vers le cinéma et, surpris, nous voyons de l’animation à l’extérieur et une salle pleine à l’intérieur. Tout joyeux nous entrons dans la salle, on se fait donner des dépliants d’information, un porte-clé et… une invitation officielle!! C’est à ce moment que des doutes se sont immiscés dans notre esprit quant au fait que la programmation mexicaine aurait lieu. Finalement, c’est en lisant l’invitation que notre doute s’est dissipé et que les déceptions d’Antoine se sont confirmés (ce dernier tenait vraiment à voir les films). Non, il n’y aurait pas de présentation de longs métrages mexicains mais plutôt le lancement officiel d’une mini-série télévisée sur les droits des adolescents. On a eu donc droit à toute la partie protocolaire et à 3 chapitres de la mini-série, qui se trouve en fait à être un programme d’éducation sociale et sexuelle des adolescents boliviens!, et à un vin d’honneur sans vin! Bref, on a eu un beau changement de programmation. Au moins le vin d’honneur de la fin nous a consolé avec une boisson gazeuse et des salteñas (genre de pain fourré délicieux).

Ensuite, samedi dernier par un pur hasard moi et Éric, l’Acadien qui demeure en bas de chez-moi, rencontrons 2 jeunes (19-20 ans) Boliviennes bien sympathiques. Nous échangeons nos numéros respectifs de cellulaire et le soir venu nous nous appelons afin d’aller prendre un verre et faire plus amples connaissances. Comme Éric et moi étions allés en montagne en après-midi et que nous y retournions le lendemain, nous étions un peu fatigué et ne voulions pas rentrés trop tard, donc on se donne rendez-vous à 22h00. Après 15 minutes d’attente à notre point de rencontre, Éric et moi les rappelons et leur donnons directement rendez-vous au bar. Finalement, après 2 bières et 1h30 passé au bar on ne les a jamais vu et nous sommes allés nous coucher! C’est ce qu’on appelle un rendez-vous bolivien! (Je fais des farces car c’est la première fois que quelqu’un ne se pointe pas à un rendez-vous. Par contre, les retards sont chose commune!).

Cholita et Guerre du Pacifique jeudi, Sep 13 2007 

Petit mot pour parler très rapidement de 2 sujets qui, dans le premier cas, a attiré mon attention et qui, dans le 2e cas, me fascine quotidiennement malgré son aspect anodin pour plusieurs. Commençons:

Cholita

Qu’est-ce qu’une »Cholita »? C’est, très grossièrement, les femmes qui s’habillent de manière traditionnelle et qui porte, de manière générale, le chapeau melon. Si vous allez voir mes photos de vacances avec Geneviève sur mon Facebook vous trouverez une belle photo de Cholita à la couverture de cet album photo. Mais ce qui m’amène à vous parler des Cholitas c’est que je me suis demandé un jour « Comment devient-on une Cholita? ». La réponse fut très simple et fut celle-ci: anciennement les Cholita était les femmes d’origine autochtone ou métissée mais avec de très forte traditions autochtones dans leur famille. Aujourd’hui par contre, être Cholita est bien vu (il y a même un concours « Miss Cholita ») et certaines femmes décident tout simplement de devenir Cholita car elles ont les traits indigènes (j’ai pas encore vu une Cholita avec des traits espagnoles!) et parce qu’elle s’habille de manière traditionnelle. De plus, petit fait intéressant à noter, durant la fête du Gran Poder (fête qui ressemble à la rentrée universitaire, voir photos sur Facebook, mais qui est organisé davantage par les commerçants) les Cholita dépensent des milliers de bolivianos afin de s’acheter ou se confectionner des vêtements et bijoux très chics pour aller danser dans les rues… et aussi pour faire la fête (lire se saouler!). Du moins c’est ce qu’on m’a expliqué.

Guerre du Pacifique

La guerre du Pacifique opposa de 1879 à 1884 le Chili à la coalition Bolivie-Pérou. Le résultat de la guerre fit perdre à la Bolivie son seul accès maritime au Pacifique et fit perdre au Pérou la province de Tarapacá (source: Wikipédia). Donc, grâce à un calcul très savant on arrive à la conclusion que l’événement s’est passé exactement il y a 123 ans. Ceci dit, à tous les matins lorsque j’écoute les nouvelles de tout le réseau national de Pan América (station de radio donnant des nouvelles en continu une bonne partie de la journée et qui, à 7h30 le matin, se connecte à tous le réseaux du pays) je peux écouter un appel de la « Mar Pacifico » aux Boliviens. En bref, le très court message (à peu près 40 secondes) mais très clair évoque les usurpateurs (mais sans nommer le Chili) qui ont volé l’accès bolivien à la mer, et ce sur fond de fanfare militaire. Donc, même si la Bolivie a perdu cette partie de ce territoire il y a plus de 120 ans, la radio et la population en générale perpétue cette mélancolie. Ça me fascine à tous les matins!

Bolivie, Bolivia: Photos, Fotografías, Pictures jeudi, Sep 6 2007 

Voici 2 liens pour voir des photos un peu pêle-mêle de la Bolivie (consultez-le souvent car j’y ajouterai des photos de temps à autre):

Aquí esta las direcciones para ver fotografías generales de Bolivia (míralo muchas veces porque voy a poner otras algunas veces):

Here is the links to see some general picture from Bolivia (look at it a couple of time ‘coz I’ll add pictures sometimes):

http://hec.facebook.com/album.php?aid=20958&l=b36c0&id=752741286

http://hec.facebook.com/album.php?aid=23127&l=c3c93&id=752741286

C’est le tour de Sucre maintenant vendredi, Août 17 2007 

Je ne sais pas trop ce qu’il se passait mais je présume que c’est encore pour cette histoire de “Capitalena plena”, mais il n’y avait rien d’ouvert à Sucre hier jeudi 16 août 2007. J’étais le seul à travailler dans l’immeuble où normalement tous les gens de l’UNEC y sont ainsi que ceux d’AGROCENTRAL, 2 organisations que j’appuie en commercialisation et en formation. Après La Paz, voici maintenant le tour de Sucre (pour une Xième fois!).

Page suivante »