Bon ça fait un bout que je ne vous parle pas de mon boulot alors voici le temps de quelques mises à jour et un récit d’aventure professionnel intéressant. Premièrement, depuis le 29 mars dernier je suis officiellement consultant et je ne m’en plains pas. Mais qu’est-ce que ce changement de contrat et de titre signifie comme impact pour moi. Mise à part le salaire, pas grand-chose. Effectivement, malgré mon nouveau contrat, mes tâches ne changeront pas. Donc, je continue à faire quelques diagnostiques organisationnels d’organisation du mouvement coopératif bolivien. Récemment, j’ai terminé le diagnostique complet de la Confédération des coopératives de Bolivie (CONCOBOL) et celui de la Fédération bolivienne des coopératives d’épargne et de crédit (FEBOCAC). Donc, de ce côté le seul diagnostique qu’il me reste à faire et dont j’ai commencé est celui d’une centrale de coopératives agricoles productrices de quinoa. Ce diagnostique est beaucoup plus intéressant à faire puisqu’il s’agit d’une organisation de second niveau, donc beaucoup plus connecté de la réalité des coopératives de base et surtout beaucoup mieux organisé que les 2 premières organisations pour lesquelles j’ai travaillé. Malheureusement le travail avance peu rapidement dû à mon implication dans le diagnostique national coopératif (lire recensement) que mon employeur fait présentement en Bolivie dont je vous expliquerai tous les détails dans quelques lignes.

Ensuite de cela, qu’est-ce que je fais? Et bien, tout comme au début de mon contrat avec l’origan, il me reste 2 études de marché de La Paz à faire pour AGROCENTRAL, central des coopératives agricoles du département de Chuquisaca, pour leurs 2 nouveaux projets, soit la production de porc et de poulet. Ce que j’aime de ces études de marché c’est que, contrairement à ce que l’on nous montre à l’université, ce n’est pas du gros bla bla pour décrire tout un secteur donné du marché. Non, il s’agit d’étude de marché terrain, donc très terre à terre, pour savoir où sont les acheteurs, quelles quantités achètent-ils, à quel prix, quels sont leur préférence dans la qualité et les caractéristiques techniques des produits, etc. Ce travail se fera une fois que j’aurai terminé tous mes diagnostiques qui est ma priorité pour l’instant. Par contre, parce que la centrale de coop. est déjà prête à commencer la commercialisation de la production de porc, j’ai commencé très rapidement la semaine passée la collecte de donnée pour cette filière. Fait cocasse dans ce début de travail très réactif, afin de pouvoir rencontrer les grossistes qui achètent les porcs vivant pour les amener à l’abattoir, il a fallu que je me lève à 4h30 du matin pour aller les rencontrer à 5h00 du matin à leur arrivée de l’abattoir (qui se trouve à El Alto)!!! C’est ce que l’on peut appeler un horaire « atypique »! Aussi, je dois vos avouer que je n’avais jamais vu de ma vie autant de carcasse de porc et de bac rempli de viscères (intestins, cœurs, fois, etc.) sur le bord de la rue dans des conditions de salubrité à questionner!!! Végétarien et cœur sensible s’abstenir!

Finalement, il y a le diagnostique national coopératif que nous faisons. Mais commençons depuis le début de ce côté afin que vous puissiez comprendre le tout. Mon employeur commençait en avril 2007 un nouveau programme d’appui en Bolivie de 5 ans et dans ce plan quinquennal nos nouvelles orientations sont de travailler avec les organisations de représentation du mouvement (centrales, fédérations départementales, fédérations nationales et la confédération de coop.) et le gouvernement (via la Direction générale des coopératives). De plus, en collaboration avec ces acteurs, nous nous devions dans la première année d’évaluer le secteur coop. bolivien afin d’orienter notre travail d’appui des 4 autres années. À cette fin nous avons commencé depuis plusieurs mois à travailler avec toutes les organisations de représentation de coop. de la Bolivie à élaborer des stratégies pour faire ce travail d’évaluation à partir du très peu d’information que nous disposions (et que nous disposons toujours!). Voyant justement l’immense pauvreté de données existantes de ce côté, nous avons décidé de faire un diagnostique complet de toutes les coop. du pays, où si vous préférez un recensement. Ainsi, dans tous les départements de la Bolivie, tout type de coop. confondu, plusieurs consultants se promènent pour valider l’existence ou non de coop. que nous avons depuis une liste fourni par le gouvernement (seule source d’info. de ce type dans le pays!). C’est ainsi que mon supérieur m’a demandé de m’impliquer dans ce travail en allant visiter toutes les coop. des 2 départements les moins développées du pays au niveau des infrastructures routières, donc des 2 départements où se rendre jusqu’au coop. et les trouver est le plus difficile! Il s’agit donc des départements du Pando et du Beni. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que de tous les départements, ces 2 là sont les moins populeux et ceux où l’on y retrouve le moins de coop. Je suis donc parti dernièrement pour une première mission dans le Beni du 23 au 30 mars (voici le lien pour les photos : http://www.facebook.com/album.php?aid=46427&l=03310&id=752741286) et je repars ce mardi 8 mars pour terminer tout le travail. Donc, ce mardi c’est direction Cobija dans le Pando pour ensuite redescendre terminer ma visite du Beni. Cette deuxième mission devrait me prendre une quinzaine de jour et nous espérons pouvoir terminer la visite de toutes les coop.

Ce travail est très motivant car il me permet d’être en contact avec les coopératives de base, ce que mon travail à La Paz me permet peu par le fait que je travail avec des organisations de représentation. Ainsi, d’être en contact avec les membres et les dirigeants de base, de parler avec eux, de connaître l’histoire de leur coopérative, leurs problèmes et défis à relever me donnent une meilleure idée des besoins qu’ont ces acteurs. Bref, malgré le fait qu’il s’agit vraiment de partir à l’aventure pour trouver ces coop., ce travail est dès plus stimulant et me permet de voir du pays. En fait, bien des Boliviens me disent que je vais connaître la Bolivie mieux qu’eux. Vive la Bolivie profonde alors!

Et parlant d’aventure, je vous conterai cette anecdote de ma première mission afin de vous donner une idée de l’aspect « aventure » de ce travail. Comme je vous disais, la plus grande difficulté de se promener dans le Beni c’est le peu de route qu’il y a, la mauvaise qualité de celles-ci et la basse fréquence de transport qu’il y a. Ainsi, un soir, j’ai manqué le dernier micro-bus en direction de Rurrenabaque car j’étais en pleine discussion avec 2 coopératives d’un petit village appelé El Palmar. D’El Palmar en micro-bus, et vu la qualité de la route du moment (en fonction de la pluie, la qualité des routes non asphaltée changent beaucoup là-bas), Rurrenabaque est à 4 heures de transport en général. Donc, comme je ne voulais pas perdre une demi-journée le lendemain pour me rendre à destination et qu’El Palmar ne dispose pas vraiment d’endroit où dormir (ce qui veut dire de dormir chez l’habitant donc), j’ai arrêté le premier camion qui passait par là et qui pouvait m’amener à Rurrenabaque. Le voyage s’est dont fait dans la remorque vide du camion avec un autre Bolivien et a duré près de 6 heures. Je suis donc arrivé à 4h30 du matin devant l’hôtel où j’ai l’habitude d’aller là-bas mais celui-ci était fermé. Donc, je me suis couché sur un banc de parc qui était en face pour dormir une petite heure et pouvoir entrer dormir dans un lit à 5h30 du matin lorsque le portier a commencé à balayer le portique! Vive le Beni!

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