Étant la récente mise à mort du Blogue du Capitaine Virgil, je retranscris ici des textes de novembre dernier qui apparaissait sur ce dernier site.
« Mieux vaut parler comme un gringo que de penser comme un gringo. » Goni
Para la versión española de este artículo, aquí se le encuentra.
Par Iris Violeta de la Roche Vedia, Miguel Tomas Maella Black et Nicolas Tremblay
Pour la première partie de ce billet, voici où vous devez vous rendre.
Vendredi 10 octobre La population de la ville d’El Alto bloque l’usine de Senkata, principal distributeur de combustible de la région, et empêche la sortie de camions citernes devant approvisionner La Paz et El Alto. Ainsi en peu de temps ces 2 villes sont paralysées par le manque de combustible. En réaction à cette situation, le gouvernement envoie l’armée afin de libérer et sécuriser l’usine.
Samedi 11 octobre La loi martiale est déclarée dans la ville d’El Alto et l’armée a comme mission de rétablir l’ordre. Au lieu d’apaiser la situation, c’est le début des premiers affrontements entre l’armée et la population : les révoltes augmentent et les premiers coups de feu se font entendre. Les insurgés essaient toujours de bloquer le passage des camions citernes mais ces derniers sont sous haute protection de l’armée.
Dimanche 12 octobre L’armée escorte un premier convoi de 6 camions citernes pour répondre aux besoins militaires. Afin de justifier cette situation et l’envoi d’un deuxième convoi, le gouvernement argumente que c’est de son devoir de garantir l’approvisionnement en combustible à la ville de La Paz. Afin de pouvoir franchir la barrière de manifestants, les militaires se taillent un chemin à l’aide de leurs armes ne faisant qu’attiser la rébellion sociale.
Lundi 13 octobre Les manifestations dans El Alto continuent toujours et se changent même parfois en massacre : 3 des passerelles de l’avenue Rio Seco s’écroulent sous l’action de la dynamite utilisée par les insurgés et une station service est incendiée faisant de nombreux dégât et 5 morts. Ensuite, les marches de protestation se font sous l’effigie de slogans demandant le départ du président Goni et disant que le gaz de la Bolivie est pour les Boliviens. À 12h45, une autre manifestation amène dans la rue armée de bâton plus de 20 000 transporteurs, enseignants et les membres de la Centrale ouvrière bolivienne qui demandent eux aussi la démission de leur président. Au même moment, le vice-président Carlos Diego Mesa Gisbert annonce qu’il demeure au sein du gouvernement mais qu’il prend ses distances vis-à-vis les décisions de Goni. Suite à cette déclaration, le président affirme qu’il ne compte pas renoncer à son poste de responsabilité et accuse Evo Morales et Felipe Quispe d’encourager ces manifestations, manifestations qu’il croit être financées par des intérêts étrangers.
Mardi 14 octobre La Paz est complètement paralysée par les manifestations, le barrage d’El Alto et les hostilités avec l’armée. Afin de trouver une piste de solution à cette crise, l’Organisation des États Américains (OEA) se propose comme médiateur du conflit. Pendant ce temps, les morts s’accumulent, tant chez les civils que du côté militaire, et tous les parlementaires de la « Mega Coalición » critiquent le gouvernement.
Mercredi 15 octobre Les affrontements entre l’armée et les citoyens continuent ainsi que les pertes en vie humaine qui y sont reliés. Ensuite, le gouvernement contrôle, censure ou empêche carrément certains médias de publier. Ainsi, les journaux Pulso et El Diario ne publient plus; les canaux télévisés 36 et 21 se font menacer de représailles s’ils continuent de couvrir les événements; la radio 4 RTP se fait carrément couper ses ondes; et la radio de la ville d’Oruro Pio XII subie 3 sabotages de ses équipements. Finalement tard dans la nuit, Goni, accompagnée Paz Zamora et Reyes Villa et accusant la rébellion de mobilisation anarchique et narco-syndicale, annoncent une série d’engagements afin de régler la crise :
1- Convoquer un référendum consultatif dans chaque département du pays sur l’exportation du gaz;
2- Réviser la loi sur les hydrocarbures;
3- Tenir une assemblée constitutionnelle;
4- Réformer les politiques nationales afin de renforcer la démocratie.
Jeudi 16 octobre La réunion de 5 manifestations cumule plus de 100 000 personnes dans les rues de La Paz. En conférence de presse, Goni annonce. « Quand se produit un coût d’État narco-syndical, il s’en est fini de la démocratie et ceci se produit au détriment des intérêts du pays. Ce coup d’État est financé par des intérêts extérieurs du pays et est relié aux syndicats agraires et au Sentier Lumineux. Nous, nous sommes ouverts au dialogue. Eux veulent seulement remplacer la démocratie par une utopie que l’on ne sait pas où cela va nous amener. » Pendant ce temps, se continuaient dans tous le pays des grèves de la faim cumulant plus d’un milliard de grévistes.
Vendredi 17 octobre Des milliers de manifestants arrivent de tous les côtés de La Paz. Il s’agit principalement de Boliviens vivant dans les provinces les plus proches de la métropole. Dans la journée, Congrès est convoqué à 16h00 mais à midi le parti NFR (Nouvelle Force Républicaine) quitte la coalition du gouvernement et tous ses ministres remettent leur démission.
Finalement en fin de journée, Gonzalo Sanchez de Lozada quitte la ville de La Paz en hélicoptère avec 2 de ses ministres et s’exilent aux États-Unis pour demander l’asile politique. Derrière lui il laisse une lettre signée de sa main faisant part de sa démission. Cette dernière fut lu au Parlement et devant les médias. Suite à cette démission, Carlos Mesa occupa la présidence par intérim.
Sources (pour les 2 parties; en espagnol) :
Fundación CIDOB (Centro de Investigación de Relaciones Internacionales y Desarrollo), Biografía de Gonzalo Sanchez de Lozada y Sánchez Bustamente, http://www.cidob.org/es/documentacion/biografias_lideres_politicos/america_del_sur/bolivia/gonzalo_sanchez_de_lozada.
Juicio a Goni ¡Ya!, Una cronología diferente, Cronología de la Guerra del Gas, 8 octobre 2005, http://juiciogoniya.free.fr/inicio/article.php3?id_article=33.
Presidencia de la República de Bolivia, Presidencia Gonzalo Sanchez de Lozada y Sánchez Bustamente, http://www.presidencia.gov.bo/Presidentes_Bolivia/pr61.htm.
Universidad de El Salvador, Evaluación económica de Bolivia 2000-2004, http://comunidad.terra.es/blogs/tareamacrobolivia/default.aspx.
Wikipedia, http://es.wikipedia.org/wiki/Gonzalo_S%C3%A1nchez_de_Lozada.
Wikipedia, http://es.wikipedia.org/wiki/Guerra_del_Gas.